anutshish kashikat les canots sont vides (slam)

Tu sais maintenant, le ciel est à toi

t’es devenu la forêt t’es devenu minashkuat pis ses orées

pis l’fleuve aussi qui va m’ramener à maison

dans l’temps des fêtes où maman a tout l’temps raison

depuis l’temps j’suis pas revenue avec les saisons

 

tu sais maintenant le ciel est à toi

y’é tout bleu, mais y’é gris parfois

le fleuve se crève

les rivières s’la coulent sur les murs de mes joues

sur les murs d’ta  »cellule » qui t’servait d’tanière

qui t’servait d’chambre au deuxième étage

 

un homme sauvage enfermé dans une cage

 

Nimushum

jamais t’avais oublié Kukum dans l’tiroir de ta mémoire

y’avait toi et moi et elle sur une photo ensoleillée

d’une journée aux clams que j’oublierai jamais

vous étiez beaux

 

Grand-papa, anutshish kashikat

les canots sont vides

retournés à l’envers comme suspendues dans l’vide

suspendues à l’envers comme sur des rapides

invisibles

les rapides des mémoires s’envolent

avec les feuilles de l’automne aux hivers des aînés

 

Nimushum

Tsepatshi utshemau Kukum… pour moi… s’teplait…

j’ai l’coeur à l’envers comme un canot en l’air

depuis qu’tes parti la rejoindre sur la Terre des esprits

 

mon canot moi, je l’construis

un peu, mais pas beaucoup

c’est que j’sais pas moi, aller sur l’eau

j’ai pas appris

tu sais moi j’prends les gros beateaux qui font du bruit

même si ces bateaux-là, y font du mal à la mer

comme eux autres sur mon coeur qui voient pas de terres

à leurs naufrages

c’est comme des souvenirs qui pleurent su’l fleuve des sauvages

 

Nimushum

y’a comme un tambour qui m’appelle

une baguette de bois dans mon existence

les battements de teueikan m’interpelle

y’a mes pas qui m’mènent à la danse

mais j’crois que j’rêve

je suis prise dans un songe pis j’sais pas m’en sortir

j’tai même pas vu partir

j’peux pas t’suivre pour écouter encore tes souvenirs

les aurores boréales ont disparues d’mes murs pis de dedans mes rires

 

Nimushum

Tshe muestateten

Ne pekuelden tshetshi uapmetan minat

miam ana, nte utenat

ça m’a fait tellement d’bien

mais tu me regardais même pas

mais c’comme ça t’as touletemps veillé sur moi :

juste en pensée, pis tu priais fort fort

même à l’heure de ta mort tu demandais à m’voir !

mais c’est comme j’te dis… j’t’arrivée trop tard…

 

j’aurai tellement voulu, tellement voulu t’ervoir

mais l’ciel a choisi que j’tembrasserai pas encore.

 

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