la otra orilla (poésie)

Ashtem…

jai écrit pour toi

des fleuves aux robes alanguies

j’ai regardé pishum e tipishkat

et parlé à la pluie verdoyante

des ciels ancrés de villes et d’espoirs

quand tu t’empreins d’herbes hautes qui nous virent

marcher par les rives éthérées, les forêts denses.

Pas à pas de pas de rimes

aux talons-taureaux de légendes

quand les mains dansaient en racines makusham

Tshi nimnanu...

Écoute un tambour

aux guitares de carton à la fortune

ronde ronde ronde de lunes pareilles toujours

Te souviens-tu de la Dame Blanche sur l’eau

que je voyais voguer ramer s’enraciner

avec nos empreintes de sable aux couleurs d’aurore ?

Ton rêve mon rêve ont des allures

de capteurs trappeurs de nos cauchemars.

Eshk ma menutan

menutan ana muteu

nimu averse chemins renverse

viens on traverse ashtem

nashu

t’as entendue hurler mon histoire

dans ma tente tremblotante ?

les ciels de nos ivoires se sont affaissées au Crépuscule

Les tortues se disent adieux, quand nos coeurs

se sont endurcis de vêpres ridicules !

Elles ont eu l’indécence de s’enfuir

quand les aigles se sont renié les cavernes d’oracles !

Je cherche encore les miracles de ma préhistoire

Ashtem ma, tsheke petuanu teueikan !

tsheke nimnanu mamu nashu ashtem !

tsheke natshetetuanu né Manitu

nantem ka puamut

uilen nikamu

shash ne petuau ka puamut

ka napeut …

Viens peindre sur mon ventre des couleurs de l’âcre

automne

J’ai trouvé des rituels et les ai arrachés à des miettes de territoire

interprété

racines bouillies et bues

les formules parallèles brisant les brumes de mes îles lointaines

C’était une autre rive

c’est celle de nos mémoires d’amour

aux bras bravés de temps rimés d’espaces

d’espaces lucioles ineffables lucifables…

Enplumées de griffes légères

tu vois je danse aux sabres musiques tsiganes pour toi, tshitat !

Menutan minat minat menutan

matshi tsham shtete

shash na tshiman

shash tshi shtetan

nin ana nenimdi makusham !

Enfumée de bateaux cires

chandelles d’âmes vibrantes au feu de notre danse

au feu du soir d’un soir

sur les plages de sel

tshemun nuteshen

Katak nimutatshi

jusqu’aux ombres géantes des murs de nos réserves !

au battement éternel où s’enracinent nos lèvres

sur les chorégraphies d’étoiles tracées de pistes

aux écailles de poissons songes.

Il y a trop longtemps…

Aujourd’hui ce n’est que mythe.

un mythe de rêve au Wendigo entravé de famine

aux histoires assassines

Tout ceci est loin déjà,

tout ceci n’était que sobre la otra orilla !

.

Soirée d’écriture suivant le spectacle de flamenco  »Ell2 » de la troupe La Otra Orilla.

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