les étoiles avaient des noms (prose)

Les étoiles avaient des noms quand on aimait. Le ciel était mauve d’aurores boréales et la neige se donnait des airs bleutés comme en mer immaculée. Tu étais le souffle des soeurs du vent dans la matinée impatiente de se réveiller ensemble. Ton coeur était un morceau de plage dans la nudité d’une forêt amoureuse d’un éclair.

 

On marchait les sentiers quand il ne faisait pas assez clair. Des oiseaux naissaient dans les nuages gris pour deux amants assis au bord d’un chemin. On savait que demain serait incertain.

 

Je t’aimais quand les poissons retournaient à la rivière pour renaître de nouveaux enfants. Je t’aimais quand on inventait des ponts pour traverser encore. Des passerelles se faisaient encore passerelles pour que les êtres marchent enfin sur l’eau. L’eau de la rivière était une gorgée de glace pour l’amour qui se cachait dans la forêt. Main dans la main on allait.

 

Tes baisers crevaient déjà sur les parvis de mes pensées étourdies par les marées. Ma peau s’effacait comme tes caresses aux mains attendries. Je regardais des amoureux et pleurait encore un peu. Encore. Ton amour et le mien ne faisait qu’un.

 

Chaque nuit je te fais revivre sur la plage et sur les sentiers qui nous appartiennent. Chaque nuit tu me retrouve et ton corps est frêle à côté de moi. Ta peau brune rejoint ma peau de femme pâle quand je n’en suis pas. Tes lèvres à moi qui ont perdu jadis la trace des miens reviennent à mes doigts. Mes rêves réunissent alors nos étreintes et nos trépas quand je m’endors loin de toi.

 

Mon amour je suis une rivière sèche sur les rochers de soleil. On m’a déviée de mon lit d’herbes d’eau et cassé mon dos à d’autres pistes intérieures. Je m’échoue de mon long sur les plages inconnues qui ne me connaissent pas. Les sapins et leurs feuillus me saluent mais ne me reconnaissent pas. N’y a que le soleil qui peut bien rire de moi.

 

Je retourne danser toutes les nuits dans les après-midi de soleil qu’on s’était approprié que pour nous deux. Quand le vent faisait de nous des inconnus de désert d’été les pieds dans le fleuve on nous regardait. Je te trouvais beau et tu m’aimais. On se mariait sur les rochers esseulés. On échangeait nos voeux et les  »oui je le veux » quand nous savions très bien que rien n’est plus fort que la nature humaine quand elle aime. Je t’aime.

 

C’est vrai encore que je t’aime.

 

Dans ma fantaisie de toi mon corps a de l’émoi.

Non, c’est une tempête qu’il y a dedans. J’ai froid.

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