teueikan de paix (slam)

Je m’excuse à soir mais j’ai pas envie d’rire

J’voulais prendre une pause mais on m’laisse pas finir

Tsé dans l’ciel, tepeshkau pishum est bien ronde

pleine dans la nuit qui fait sa ronde 

ça c’tait hier, mais encore, une chance que j’tai pas là

pour regarder toute partir en fumée, je serai arrivée à pleurer

moi aussi, avec tes parents mon amie

je regarde aller les épreuves… j’suis tellement d’l’autre bord du fleuve !

y’a ta maison qui brûle pour l’écrire à Brûlerie

y’a des larmes qui m’pendent à tout l’choc que j’ressens

j’me sens si impuissante, y’a pu rien d’intéressant

j’ai l’impression qu’aujourd’hui y’é tellement éphémère

demain on ramasse de l’argent pour ton père et ta mère

tout l’monde s’entraide enfin, on est bin communautaire

mais j’ressens d’l’espoir dans l’malheur qui est arrivé

y’a 7 feux qui ont été allumés… pis lui d’hier, bin c’tait l’dernier

comme dans la prophétie des Anishnabee !

 

Ma soeur… t’es-tu là ? Tu veilles-tu sur tes parents !?

J’ai tellement d’choses à penser, tan ne shetshen kie !

y’a l’Nord qui m’donne aussi de quoi m’inspirer

Attawapiskat qu’on entend beaucoup parler…

c’est d’autres peines que j’entends hurler d’la toundra

c’est mon peuple qui m’parle, pis j’ai mal en d’dans

y’a mon coeur qui résonne, miam né teueikan

j’ai-tu d’la place juste pour danser, j’aimerai juste chanter

c’est l’cri du tambour, teueikan, qui m’apaise, shash ne petuau

shash nepa nikaman, shash nepa niman !

 

Pis toi mon frère, tu me mets à la vue du monde

quand je suis ton aînée

c’est toi qui refait les traces de mes forêts

c’est toi qui a coupé blanc les arbres de mon identité

mais j’t’en prie aujourd’hui, aide-moi à me relever

je dois te dire que j’ai sur les épaules un grand portage

depuis les grands paysages de mon Nitassinan

j’ai pas mes raquettes, je sais tellement pas en faire

j’ai les pieds gelés pis les mains bleues

quand le soleil est d’jà parti au pieu…

J’suis pas vraiment miam maikan tsha

Et pourtant, j’sus une grande louve, une guerrière

J’ai envie de m’battre pour qu’on soit plus fiers

pis à toi mon frère, j’ai pas envie d’faire la guerre

j’te demande juste de faire attention à la Terre

pis d’m’aider à guérir les omoplates de mes frères

pour qu’y a encore des soleils qui s’lèvent su’ l’pays d’ma naissance

j’veux qu’on s’unisse, qu’y ait des interférences

comme des aurores boréales, dans le ciel qui dansent !

 

T’entends-tu le chant de tes ancêtres avec les miens ?

les amants qui se sont aimés pour une nation métissée

j’ai regardé pour toi mon frère les cris des initiés

dans le mateshan, la sweatlodge, la tente à trembler

je danserai pis je chanterai encore, minat

pour que l’on avance ensemble

sur le sentier de l’identité

pour qu’on partage la même équité

 

j’ai rêvé de deux peuples, mais d’un seul sentier.

 

 

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