Mon Québec, ma résistance

MISSINAK 2011.

La hausse des frais de scolarité priveront encore plus nos jeunes d’un accès à l’éducation postsecondaire, faute d’argent. Les chantiers hydro-électriques et miniers les laisseront sans instruction durant de longues décennies. Les coupes forestières priveront nos aînés d’un retour à la terre. Les rivières détournées leur feront oublier par où ils ont marché. L’aigle n’aura plus d’arbres où faire son nid, et le peuple se sentira délaissé par les esprits. Les réserves nous ont laissés sans pouvoir. Les limites de nos villages nous étoufferont encore longtemps. Nos chants de paix ne résonneront plus que dans notre mémoire. Nous ne les reconnaîtrons plus quand en viendra le temps. Les canots ne longeront plus nos cours d’eaux. Nous aurons oublié comment les porter.

Ceux qui auront mené la guerre mourront dans le silence.

On nous accuse de chercher l’attention, et à obtenir plus de signes de dollar. On nous accuse d’être des enfants-rois du gouvernement. On nous accuse de ne chercher que les problèmes et à troubler le confort des voisins.

On nous accusera un jour d’être Innus, Abénakis, Hurons-Wendat, Attikameks, Anishnabe, Malécites, Naskapis, Micmacs, Mohawks, Cris, Inuits. À nouveau.

Le carré rouge vient rappeler la couleur de notre peau et de nos drapeaux de guerre. Nos barricades à la circulation marchande se souviendront que l’on a combattu pour les terres. Les femmes autochtones se lèvent et marchent un millier de kilomètres. Nos grands-mères chantent avec elles. Nos larmes, nos chants et nos cris de revendication auront couvert l’asphalte de la route 138 et des rues de Montréal. Nous redonnons l’espoir à nos jeunes. Nous les poussons à prendre les devants au nom de leur Nation.

Il  n’y a que nos enfants qui ne savent pas encore ce qui se trame.

La lutte est difficile. Tout est plus puissant que nous tous rassemblés. Je verse des larmes à mon tour devant les forêts et les rivières, je pleure parce que mon dos se courbe sous le poids de notre sort. Mais je garde la flamme, celle qui me brûle à l’intérieur, cet amour infini. Je ne supporte pas que l’on nous fasse du mal. Je ne supporte plus qu’on nous oublie. Laissez-nous enfin nous remettre debout. Baissez vos barrières, nous n’en érigerons plus! Car si nous nous unissons au nom de la planète, nous survivrons. Nous survivrons ensemble.

Je tremble à l’idée qu’un jour nous ne ferons plus que nous souvenir, tout héritage ne nous appartenant plus.

Viens un temps où nous devons bloquer les gestes destructeurs des gouvernements envers nos Nations. Viens un temps où, pour survivre au siècle, nous devons revendiquer nos terres, et dénoncer les abus politiques.

Nous crions reconnaissance. Nous hurlons résistance.

 

27 août 2012.

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