Les hivers précaires

  Il me semble toujours attendre l’hiver et ses tracteurs de rues la nuit. Les tempêtes interminables qui vous font trembler de froid et de frayeur devant la marche à poursuivre, entre le seuil de la porte et le lieu de la destination précaire.
  Comme si je n’attendais plus que transparaisse la neige qui s’est posé sur mon âme hier.
 

Ah ! comme la neige a neigé ! / Mais qu’est-ce que le spasme de vivre / À la douleur que j’ai ! / que j’ai !

  Voici les voix gargantuesques des corbeaux. Les voitures qui s’animent et s’estompent à la fois en quelques secondes. Leurs échos. Il est vrai qu’il fait déjà très bas sur le thermomètre, les petits oiseaux sont déjà partis se changer les idées.
  Et moi dans toute ma frayeur, je reste là à attendre qu’il neige. Pour la première fois depuis dix ans. On m’a prédit un hiver cruel. Pour la première fois je me réjouis. Mon pays du Nord aurait décidé alors d’enfin briser ses chaînes et de venir me rejoindre.
  Il n’est même pas encore octobre.
  Le cellulaire de la coloc sonne six heures du matin. Pas de soleil encore. Trop de nuages sur le coeur lui aussi. Je devrais aller me coucher.

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