Réfléxion sur l’Actualité Amérindienne et le combat de Nelson Mandela (13/12/13). par Sipi Flamand, Attikamekw de Manawan

Aujourd’hui en ce 13 décembre 2013, je suis tombée sur cett réflexion personnelle publié par un ami, Sipi Flamand, jeune leader Attikamekw, originaire de Manawan. Sipi Flamand est un danseur traditionnel, un ardent défenseur de la culture attikamekw et également transmetteur. Auparavant en philosophie politique, il étudie maintenant en sciences politiques à l’Université Laval. Il est porte-parole substitut au Réseau jeunesse des Premières Nations du Québec et du Labrador, élu au dernier Forum jeunesse des Premières Nations au mois d’août 2013. Voici sa réflexion :

Dans les derniers jours, le monde entier célèbre le départ de Nelson Mandela pour rejoindre ses ancêtres. Il fut un grand défenseur de son peuple des autorités politiques de son pays d’origine qu’est l’Afrique du Sud. Nous savons tous qu’il y eut une politique d’assimilation sur les peuples africains pendant plusieurs décennies. Cette politique a été implantée en 1948. Ce système a été nommé l’Apartheid, qui signifie littéralement: « la séparation des races». Il faut savoir que cette politique a été implantée par les descendants européens nommés Afrikaners. Nelson Mandela, aussi nommé Madiba, s’est opposé à ce régime de séparation, car c’était un régime raciste, cependant la nature de l’Apartheid. Il a été prisonnier politique pendant plusieurs années, mais il est quand même resté un fervent opposant de ce régime de séparation. Il défendait l’émancipation de son peuple pour une vie beaucoup plus respectable que celle du régime de l’Apartheid, car ils ne pouvaient plus pratiquer leur culture. Ils ont été placés dans des Bantoustans, des ghettos ou bien des mini pays à l’intérieur de l’Afrique du Sud. À cette époque, la liberté était absente et peu d’Africains avaient le droit de travailler dans les villes. Bref, suite à sa libération, en 1990, l’Apartheid était en train d’être aboli grâce à ses arguments et aux actions des peuples africains, principalement avec le Congrès National Africain (CNA). Avec grand cœur et humilité, il a été élu le premier président Noir de son pays.

Pour faire un lien avec le système politique tel que nous le connaissons au Canada, juste par l’exemple de la Loi sur les Indiens, c’est du pareil au même que celui de l’Apartheid. Les Afrikaners se sont inspirés de ce système afin de bien prendre les terres des peuples indigènes de l’Afrique. Nous sommes encore dans ce régime, pour tout dire. Le gouvernement de Trudeau, en 1969, présenta un Livre Blanc voulant abolir la Loi sur les Indiens afin que les Autochtones ou plutôt les Indiens s’intègrent dans la société canadienne. Malheureusement, une grande partie des nations autochtones se sont opposées à cela,sachant qu’elles perdaient leurs droits sur leurs coutumes à l’intérieur de leurs terres. Bien sûr, paradoxalement, on est un peu protégé par cette loi, mais il faut comprendre qu’au départ, soit à l’adoption de cette loi en 1876, l’objectif était axé sur l’assimilation des peuples autochtones, afin de ne plus déranger le développement du pays, le Canada. Certains peuples autochtones ont signé des traités avec le gouvernement, dont certains cas consistaient à céder leurs territoires au gouvernement pour l’exploitation, et tout cela pour bien peu. La Constitution de 1867 donne la compétence du gouvernement fédéral de négocier les traités avec les Autochtones, ainsi que de la protection des Autochtones, surtout avec la Proclamation Royale datant de 1763 signée par le Roi d’Angleterre. Avec le rapatriement de la Charte des droits et libertés, le gouvernement reconnait les Autochtones et tient à les protéger, comme les articles 25 et 35 l’indiquent. Bref, le système de la Loi sur les Indiens est toujours en vigueur. L’objectif d’assimilation n’y est plus, seulement une forme de dépendance à cet acte est encore bien réelle.

En vue d’approfondir mes réflexions, il y a beaucoup de nations autochtones qui dépendent de la Loi sur les Indiens. J’ignore si certains connaissent l’origine de ce système. Quand on parle de l’abolition de ce système, certains s’y opposent, puisque en cela ils ont signé des traités, et le gouvernement ne peut plus revenir sur les négociations. Alors, que pouvons-nous faire pour avoir nos droits tout comme les Africains? Tant et aussi longtemps que nous ne faisons rien pour réformer ou bien abolir la Loi sur les Indiens, nous devrons subir les politiques du gouvernement. Nous sommes toujours reconnus mineurs, même si le Canada prétend le contraire. Alors pour que nous puissions nous débarrasser de ce système raciste, il faut nous battre, et ce dans le plus grand respect et faire preuve de sagesse. Pour commencer, je suggère par exemple de rédiger une loi qui nous protégerait nous et nos droits sur ces terres que nos ancêtres nous ont laissées, tout en sauvegardant notre culture. Si nous continuons à rester dans ce régime autrefois assimilateur, tôt au tard nous ne serons plus que des Indiens de salon, une manière de parler. Il faut commencer à réfléchir à un réel avenir pour nos enfants et petits-enfants.

L’Apartheid et la Loi sur les Indiens sont de même nature. L’Afrique du Sud (Afrikaners) s’est inspiré du système canadien en ce qui concerne les autochtones. C’est contre cela que Nelson Mandela s’est battu pour que le gouvernement, en place à cette époque, abolisse l’Apartheid. Alors, nous Premières Nations, sommes-nous assez fort pour faire  »tomber » la Loi sur les Indiens?

À propos des manifestations des Autochtones, tel le mouvement Idle No More, les Premières Nations défendent leurs terres des exploitations d’énergies fossiles, minières, pétrolières, etc.. Ils défendent ces terres pour les léguer à leurs descendants.

Au sujet du combat d’un grand homme pour avoir un pays arc-en-ciel et une absence de racisme, qu’est-ce que nous pouvons aller chercher dans sa philosophie pour l’intégrer dans notre conscience au sujet du système politique qui nous tient en place, dans tous les sens du terme. Pour ma part, nous avons tous les moyens pour se sortir de la Loi sur les Indiens tout comme Nelson Mandela a fait avec l’Apartheid. Si nous voulons sauvegarder nos droits, il faut que nous nous défendions.

Comme je peux le voir, nous avons encore beaucoup de chemin à faire, car certains ne sont pas prêts à prendre leur envol vers la liberté. Pourtant, nous aurions plus de droits, bien sûr si nous avions une loi qui stipulerait notre protection à part entière sur nos territoires ancestraux. Nous pourrions encore pratiquer notre tradition, mais plus encore, la Loi sur les Indiens n’existerait plus, car nous aurons une autre conception qui  serait rédigée par et pour les peuples autochtones du Canada.

Au terme de ces réflexions, toute qu’une histoire pour changer les éléments, qui se sont installés en dedans de quelques secondes… Il suffit de prendre de bonne parole et faire de sages actions pour aller chercher le peuple afin de se battre en tout respect contre une loi qui nous met littéralement de côté. Il vaut mieux commencer dès maintenant à se défaire de l’individualisme et de l’escroquerie, et à créer l’union des peuples autochtones de partout au Canada et même, dans le monde.

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