Chroniques d’une Route Géante – Un

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Marcher.

Ce geste que l’on ne valorise plus. Ce n’est pas assez rapide.
Je voudrais plus longtemps. Je voudrais accrocher mes yeux dans l’horizon, et ne plus jamais en sortir. Je voudrais que l’horizon transperce les hauts murs et les gratte-ciel des villes pour m’atteindre.
Mes pieds ont un nom de terre depuis.
Depuis la longue marche pour une terre libérée.

Mon corps attend tous les jours encore l’affrontement quotidien du béton. Mon corps attend encore les planchers durs des écoles et des salles. Mon corps.

Mon esprit. Peut-être. Vous connaissez? L’esprit, le genre de truc qui anime le corps, à ce qu’on dit. L’entité. Ce qui semble blanc, opaque, selon les histoires de fantômes. L’esprit.
Mon esprit a ouvert ma tête. Sortait par mes yeux. Sortait par mes pores. Élucidait les espaces devenus trop grands soudain.
Nous n’étions pas dans une voiture. Dans un autobus. Dans un bateau. Aucune paroi. Aucun quatre-murs. Nous étions nus. Habillés d’eau de pluie, de sable, de déchets de carburants, de poussière, de sueur, de poussière qui colle sur la sueur, mais nus.
Dénudés d’abord. Par la grandeur du pays. Le paysage ne prenait pas deux heures à traverser. Il prenait cinq jours. Il prenait 15 repas. 6 bouteilles d’eau. 0 douche. Puis des millions de neurones, pour tout prendre. Pour tout avaler.
Pour tout avaler.

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