Je porterai sur ma tête une couronne d’aurores

je porterai sur ma tête
une couronne d’aurores
aux huit couleurs de la lumière
au jour qui descend sur le sud du Nord
sur les foules amassées aux portes de la ville
les foules hurlent et fracassent l’inertie
aux avions qui engendrent les effets de serre
moi mes serres j’y repose mon vol d’oiseau
j’ai mon cri de renard j’ai mon regard forestier
je suis un animal aux mille pas sous les lunes
je trancherai les routes qui ne reçoivent plus
les paroles de nos anciens
je punirai ceux qui n’entendent plus les morts
je cracherai sur ceux qui enterrent les tortues
en déterrant leurs œufs
sans leur promettre de sépulture
je garderai ma colère pour les jours de paix
pour l’y bercer avec les chants d’amour et d’espoir
j’y bercerai mon fils qui écrira plus tard des lettres
en hiéroglyphes

à tous ceux qui ferment les yeux sur l’avenir
il me quittera au dernier jour d’orage
en claquant ma porte avec la rage de la lumière
je suis vieille mon fils je n’ai pas commencé
ma vie, mes poumons ne se sont dépliés
ni mes paupières ni ma langue rose
ma langue ma prise je te donnerai à mon tour
pour lécher les feux qui m’auront consumée
mon corps m’est douleur aux premières lueurs du monde
au jour que je vois descendre sur Montréal
sur la montagne et les foules amassées aux portes de la ville
à l’austérité qui paît ses troupeaux sur la tête du peuple.

29 novembre.

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