Chant pour Port-au-Prince

j’appartiens à toutes tes fissures
je me love au niveau de tes genoux, front contre terre
j’embrasse le sable sale, sourcils froncés
c’est une terre qui s’est faite prendre
qui n’a jamais oublié son esprit, blottie dans les grottes
c’est un peuple qui embrase les oracles
nous nous souvenons peu, sauf des rivages
où l’on accosta dans le noir
où l’on appris la langue de l’autre, forçats
j’appartiens alors à tes montagneuses caprices
ta chaleur faite entre tes cuisses, terre ô terre
mère de tous les délivrés, de tous les absolus
à l’absolu de la survivance jaune noire rouge
à ma peau brûlée par le soleil
à mon corps déchu et échoué sur le corps de la mer
je suis un peuple qui dérange
j’essuie les pleurs de mes îles volées, mes empreintes
tout est vrai que depuis ma naissance, mon chant est liberté.

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